Archivo | enero, 2016

À bâtons rompus_L’inchangement

25 Ene

L’inchangement, ou « quand rien ne change »

Paul-Lafargue

 

L’inchangement, ou « quand rien ne change », c’est de retrouver 130 ans plus tard les mêmes taciturnes arnaques d’un esclavage continuel pour la fabrication des nouveaux tyrans de la finance. Qui donc se bat pour un « pays »? Les soldats de l’économie sont tous passés à la mondialisation. Des putains à vendre aux plus offrants dans la course à l’entreposage des biens des citoyens en « pays ».

Chacun est un cadavre de cette économie pernicieuse et flamboyante, avec simplement d’autres noms, d’autres concepts pseudo-savants mais avec les mêmes résultats. « Les capitaux abondent »… Ceux qu’on vous arrachés à coups d’États et propagandes tordues auxquelles les adhérents sont comme les fidèles agenouillés à la nouvelle religion des banques et de la prétendue misère qui accable les peuples. Ainsi que cette fausse et aberrante liberté de moins en moins présente. Nous sommes en route dans un couloir entonnoir. Comme ces filets de pêches utilisés par les natives de tous les pays.

Nous avons vécu – historiquement – d’avantage de mensonges que de vérités.

Les capitaux abondent comme les marchandises. Les financiers ne savent plus où les placer ; ils vont alors chez les nations heureuses qui lézardent au soleil en fumant des cigarettes, poser des chemins de fer, ériger des fabriques et importer la malédiction du travail. Et cette exportation de capitaux français se termine un beau matin par des complications diplomatiques : en Égypte, la France, l’Angleterre et l’Allemagne étaient sur le point de se prendre aux cheveux pour savoir quels usuriers seraient payés les premiers ; par des guerres du Mexique où l’on envoie les soldats français faire le métier d’huissier pour recouvrer de mauvaises dettes .

Ces misères individuelles et sociales, pour grandes et innombrables qu’elles soient, pour éternelles qu’elles paraissent, s’évanouiront comme les hyènes et les chacals à l’approche du lion,, quand le prolétariat dira : « Je le veux ». Mais pour qu’il parvienne à la conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre-penseuse ; il faut qu’il retourne à ses instincts naturels, qu’il proclame les Droits de la paresse, mille et mille fois plus nobles et plus sacrés que les phtisiques Droits de l’homme, concoctés par les avocats métaphysiciens de la révolution bourgeoise ; qu’il se contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit.

Le droit à la paresse , 1883

G. P