Archivo | marzo, 2015

La vérité Cachée_Mouammar El Kadhafi : la vérité !

19 Mar

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Le Cameroun est l’un des rares pays africains à avoir combattu durement les colons français.
Des centaines de milliers de Camerounais ont péri pour défendre leur dignité.
Cette histoire-là, souvent occultée dans les livres d’Histoire écrits par qui vous savez, est encore vive dans la conscience collective de la plupart des Camerounais.
C’est pour cette raison qu’ils sont souvent enclins à réagir à chaque fois que les impérialistes s’investissent à déstabiliser un pays africain.
Pis, c’est un peuple qui s’instruit beaucoup.

Je le dis souvent : nos actions dépendent de notre manière à lire l’Histoire.
Si vous lisez l’histoire dans le sens de ceux qui prétendent être les « maîtres du monde », alors votre jugement sera orienté dans le sens de ce qu’ils vous racontent.
Voilà pourquoi, par exemple, certains Africains, s’alimentant auprès de CNN, France 24 ou Radio-Canada…, traitent encore aujourd’hui  Mouammar El Kadhafi, de « terroriste », de « fou », de « dictateur » et que sais-je encore ?

Peu d’Africains connaissent réellement l’Histoire de cet homme, l’un des plus grands, pour ne pas dire le plus grand leader politique, que le monde ait connu.
Combien d’Africains savent, par exemple, que la Libye de Kadhafi a plus investi en Afrique que toutes les institutions financières occidentales (FMI, BM, Club de Paris, etc.) réunies ?
Combien de Congolais savent que l’une des raisons ayant mené au renvoi du jeune Kadhafi de l’École secondaire de Sebha (au Fezzan) est qu’il organisât une immense manifestation pour protester contre l’assassinat de Patrice Lumumba ?
Combien d’Africains savent, par exemple, que si les État africains ont résisté à l’entrée de l’Africom sur le continent, c’est parce qu’à chaque fois que les USA leur offraient des fortes sommes d’argent pour qu’ils acceptent l’Africom, Kadhafi offrait le double pour les en dissuader ?

Pourquoi Kadhafi était-il autant opposé à l’entrée d’Africom sur le continent ?
Comme on l’a relevé en ce qui concerne les Camerounais, ce comportement du Guide de la Jamahiriya arabe libyenne, était lié à l’histoire de son pays.
Sous le roi Idriss, le pantin des Anglo-saxons, le royaume de Libye hébergeait plusieurs bases militaires américaines et britanniques, notamment  la base anglaise d’El Adem, près de Tobrouk, et la base de Wheelus Field près de Tripoli, où séjournaient quinze mille agents techniques, civils et militaires américains.
Ces bases (des états dans un état) ont servi au ravitaillement des Israéliens, en armes, en munitions et en vivres durant la guerre de six jours (c’est sans compter l’apport déterminant du pétrole libyen qui permit aux tanks de Moshé Dayan d’infliger une irrémédiable défaite aux États arabes).
Nasser, « l’idole » de Kadhafi, a même voulu se suicider.
Le jeune Mouammar gardera un mauvais souvenir de cet événement; et c’est pour cette raison qu’il fermera ces bases une fois au pouvoir.

L’autre grand mensonge inséré dans la tête des Africains (et du reste de la planète d’ailleurs) sur Kadhafi, c’est celui du parrain du terrorisme international.
On prétend encore aujourd’hui que Kadhafi est le responsable premier de l’attentat de Lockerbie ; pourtant la justice écossaise a fini par statuer que ce n’était pas le cas, que des enquêteurs se sont livrés à des manipulations avec l’assistance de la CIA.
Un des témoins clés dans l’affaire LOCKERBIE, l’ingénieur suisse Ulrich Lumpert a complément lavé la Libye de tout soupçon dans cette affaire : “Je pense qu’on a essayé de modifier la pièce à conviction intentionnellement. Je pensais que cette pièce devait servir à accuser la Libye, on voulait la rendre coupable pour des raisons politiques mais ce retardateur a été intentionnellement ajouté après coup aux pièces à convictions”, a déclaré M. Edwin Bollier, le patron de Lumpert.
Et il n’est pas le seul à penser ainsi.

En 2005, selon un ancien haut responsable de la police écossaise, désirant rester anonyme et qui avait participé à l’enquête, la CIA avait écrit le scénario accusant la Libye.
La pièce à conviction décisive, le fragment de détonateur qui a fait l’actualité à l’époque, aurait été monté de toute pièce par des agents de la CIA qui enquêtaient sur l’attentat.
Pourtant pendant plus de 20 ans, ce pays a subi un embargo sans précédent des USA et de leurs alliés.

On prétend encore aujourd’hui que la Libye de Kadhafi est responsable de l’attentat contre le vol UTA 772 survenu au-dessus du désert du Ténéré alors qu’il est maintenant connu que cela n’est pas vrai non plus, que les auteurs étaient Iraniens et dans une moindre mesure Syriens, mais pour des raisons liées à la géopolitique de l’époque, les USA voulaient envahir l’Irak et avaient besoin de l’appui irano-syrien, on trouva un bouc émissaire commode : la Libye de Kadhafi.
La FBI et la CIA manipulèrent l’enquête avec l’aide de quelques responsables du Congo-Brazza pour empêcher que la justice ne remonte aux principaux commanditaires.
Les déclarations du journaliste d’investigation français Pierre Péan, qui a enquêté sur cette affaire pendant plusieurs années, en disent long : “Ce que j’ai trouvé est littéralement inouï. J’ai eu moi-même parfois du mal à croire à ce que je découvrais. Une terrible histoire de manipulation à la sauce américaine, constituant une aubaine pour les dirigeants français empêtrés dans des transactions clandestines douteuses afin de faire libérer les otages français détenus au Liban contre promesses faites à l’Iran et au Hezbollah”…

On nous a aussi dit que Kadhafi battait tous les records d’abus des droits humains, que sous son règne, les femmes n’avaient pas de droits (c’est d’ailleurs ce qu’a confirmé mensongèrement Annick Cojean, journaliste au Monde dans un livre-torchon propagandiste payé par Nicolas Sarkozy, ou tout est inventé avec des références fausses et volontairement invérifiables).

Sur quels éléments se basent les organisations qui prétendent que sous Kadhafi, les abus des droits humains étaient systématiques ?
Comment comprendre que le peuple libyen, soi-disant soumis à la terreur de son Guide, ait choisi de rester dans son pays, à la place de demander asile comme le font la plupart des Africains soumis aux diktats des régimes tyranniques, clients de l’Occident ?
Comment comprendre qu’au moment même où les terroristes de l’OTAN bombardaient la Libye, près de 90% de Libyens soutenaient leur Guide ?
Les Libyens sont-ils masochistes ?
N’est-ce pas parce que les faiseurs d’opinions, au service (sévices) des intérêts obscurs ont voulu nous mener en bateau ?
Était-il dictateur selon les Occidentaux et leurs laquais africains ou selon le peuple libyen ?
S’il l’était réellement, était-ce aux Occidentaux de le faire partir ou cette tâche n’incombait-elle pas aux seules populations libyennes ?
Pourquoi les Libyens ont-ils accepté de former un bouclier humain pour défendre leur leader (des bombardiers canadiens ont dû annuler une mission sur Tripoli car confrontés à une foule immense venue défendre son Guide) ?.
Les faits parlent d’eux-mêmes !

Quant aux droits des femmes, que disent donc les faits ?
Avant l’arrivée de Kadhafi au pouvoir, les femmes n’avaient pas vraiment de droit.
À peine arrivé au pouvoir, le colonel Kadhafi remit en question les interprétations archaïques des oulémas concernant les femmes.
Farouchement progressiste, il était convaincu que l’émancipation de la société passait par elles.
Ses chevaux de bataille seront la polygamie, les conditions du divorce, le célibat dans le cas où les mères ne peuvent élever leurs enfants, il donnera lui-même l’exemple en divorçant de sa première femme, Fatiha, la fille du chef de la police royale d’Idris 1er.
Une pension alimentaire sera imposée aux hommes divorcés.
L’une des grandes réalisations sociales au cours de l’année 2010 a été l’exécution en octobre d’un programme de lutte contre les violences conjugales sous la supervision du service de protection de la famille et des femmes victimes de violence relevant de l’Association caritative libyenne Waatassimou.

Après la mort de Kadhafi, les « grands démocrates » du Conseil national de transition (CNT), soutenus par leurs amis de l’OTAN, ont annoncé les couleurs de la nouvelle Libye : la législation du pays sera fondée sur la loi islamique, la charia.
Fin du divorce et retour de la polygamie : les femmes libyennes sont servies.

Autres choses qu’on ne vous dit pas de la Libye sous Kadhafi : l’électricité et l’eau à usage domestique étaient gratuites, le coût de la vie en Libye était beaucoup moins élevé que dans plusieurs pays occidentaux, si pas tous; les banques libyennes accordaient des prêts sans intérêts; les citoyens n’avaient pas d’impôts à payer, et la TVA n’existait pas !
L’État a investi beaucoup d’argent pour la création de divers emplois ; le PIB/hab était de 13.300$, 81è rang mondial, donc avant l’Argentine, l’Afrique du Sud et le Brésil.
Le taux d’alphabétisation moyen était de 82.6 %, le principal atout du système éducatif libyen était d’être gratuit et de permettre aux meilleurs étudiants de poursuivre leurs études supérieures (doctorat voire master) à l’étranger en bénéficiant d’une bourse du gouvernement.
Tout étudiant diplômé recevait le salaire moyen de la profession du cursus choisi s’il ne trouvait pas d’emploi.
Le pays a  instauré un programme de prestations sociales lancé en mars 2008 par  Mouammar Kadhafi. Sur le plan social, l’année 2010 a été couronnée de succès selon  le premier rapport sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

La Libye n’avait pas de dette contrairement à la France (233 milliards $), aux USA (17.000 milliards de $), au Canada  et à la Grande-Bretagne.
Le prix pour l’achat d’une voiture était au prix d’usine ; lorsqu’un couple se mariait, l’État payait l’appartement ou la maison (150 mètres carrés).
Il existait des endroits nommés « Jamaiya », où on vendait à moitié prix les produits d’alimentation pour toute famille nombreuse, sur présentation du livret de famille.

Pour un tyran dans un pays sous embargo pendant des années, c’est quand même étonnant comme politique sociale !
Beaucoup ont souvent avancé que Kadhafi était un fauteur de trouble impliqué dans la déstabilisation de plusieurs pays du continent.
Cette assertion souffre d’une analyse non objective élargie de la politique étrangère libyenne dans les années 70-80.
Car l’intervention de la Libye dans plusieurs pays africains fut motivée par un facteur important que nombre d’observateurs n’ont presque jamais pris en compte : la lutte contre l’influence israélienne, puisque qu’au début des années 1970, plus de vingt États d’Afrique sub-saharienne étaient liés par des accords de coopération avec Tel-Aviv qui, en outre, disposait sur place de quelques 2800 experts en tous genres, représentant 60% de l’effectif total des coopérants israéliens présents dans les pays en voie de développement.
Comme l’écrivit le journal israélien Haaretz, le 8 décembre 1972 : “Tripoli a réussi non seulement à saper les relations d’Israël avec l’Afrique noire, mais également à démystifier la capacité de l’État hébreu à répondre efficacement aux pressions politiques provenant de ses adversaires arabes”…
Le point culminant de cette offensive libyenne a été la rupture des relations entre Israël et nombre d’États africains à la mi-1970.
Le Tchad sera également le lieu d’un affrontement larvé entre la Libye et les puissances occidentales en tête desquelles les États-Unis et la France.

Le 20 octobre 2011, Mouammar El Kadhafi, le guide de la révolution libyenne, a été assassiné par des membres des forces spéciales occidentales et leurs alliés d’Al-Qaïda, dans la ville de Syrte.
Mais avant de l’abattre comme un chien, sans égard pour le droit international, l’OTAN qui avait piloté l’opération du début à la fin, a tenu à massacrer des dizaines de milliers de civils libyens ; elle a réduit la Libye en cendre au nom de ses « nobles principes démocratiques ».

Après le carnage, la Libye peine à se relever; des groupes armés pullulent comme des champignons, le nettoyage ethnique des noirs se poursuit à rythme effréné, le pays est bord de l’éclatement…
Et pourtant, les « enseignements de la démocratie de marché » de la première agence terroriste de la planète (l’OTAN) avaient promis monts et merveilles : une Libye nouvelle et prospère.
Un an après sa mort, Kadhafi était encore vu par certains comme le « terroriste », le « maître déstabilisateur » de plusieurs pays africains, le « fou », le dirigeant fantasque qui vouait une haine démesurée envers l’Occident.
C’est le discours des médias occidentaux, outils des mêmes impérialistes qui assujettissent le continent noir depuis maintenant deux siècles.
À qui la faute ?
À l’hégémonie culturelle occidentale et à notre propre paresse intellectuelle.
Souvent, nous reconduisons le discours dominant et convenu des élites occidentales et de leurs machines à mensonges (médias, experts, et autres), sans un minimum d’esprit critique…

PATRICK MBEKO

Pour : gatsbyonline

À bâtons rompus_Nous périllons, vous périllez, nous périssons

19 Mar

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« À force de donner des cadeaux pour attirer des multinationales, on demande aux autres contribuables, qui sont immobiles à l’intérieur des sociétés, de compenser. C’est un transfert d’un fardeau fiscal d’une catégorie de contribuable à une autre, et concurremment à ça, on met des plans d’austérité en place. »— Brigitte Alepin

Nous sommes arnaqués par les délirants pickpockets mondialistes depuis des décennies. Et là , les gouvernements , aveugles, embrassant le pouvoir, n’ont  pas su réagir à temps.

Il y a des centaines de documentaires sur You Tube expliquant les méfaits d’une mondialisation et d’un libéralisme « bar ouvert » dans lequel se servent des mains invisibles, les doigts en forme de Inc.  Bar ouvert dont la responsabilité incombe à nos gouvernements. Faudrait-il contraindre les petits acteurs de la politique à visionner les documentaires et à lire ces soi-disant marginaux du système qui hurlent une vérité évidente?

Le Québec a élu un Dr en médecine. Premier ministre. Il en connaît sans doute énormément sur l’ossature de l’homo sapiens, mais peu sur les voleurs limousinés qui font les « quatre coins du globes », sans aucun intérêt pour les pays, ni moins pour une population qui les enrichit. Alors, à quand ce cours concernant Filous 101, la base simpliste du fonctionnement des arnaques sans frontières. Faut-il fermer les frontières? Oui, en attendant d’avoir des dirigeants qui cesseront  appliquent des théories économiques caduques.

Nous sommes non seulement paupérisés, nous périssons. Malades en phase terminale d’un monde soumis à l’ignorance même des dirigeants, ces lèches-culs antiques attachés au credo du libéralisme bienfaisant. Un concept vieux comme l’immonde.

Pendant que les gouvernements dirigent les peurs et tremblements vers l’État Islamique, le terrorisme monétaire est en train de miner totalement  la mince ombrelle de démocratie qui nous rend si fiers.

On devrait créer un hymne national pour les paradis fiscaux. Sorte de clan en formats pixels qui parcourt  la Terre à la recherche des plus pauvres pour s’enrichir. C’est dingue au point de rendre la classe moyenne plus pauvre pour affamer une nouvelle source de revenus qui n’ira nulle part, sauf dans un coffre-fort.

On est limace pas à peu près… Sortez vos pancartes de carton recyclé. Avec ça, écrivez ce que vous voulez, votez, faites la rue comme Ginette au coin de Sainte-Catherine et XXX.

Nous avons élu des blondes ignares, innocentes dans les deux sens du mot, qui font le tour du globe pour des échanges commerciaux. Le temps d’un voyage, une compagnie embouteilleuse d’eau a délocalisé son usine. Elle doit être quelque part en Afrique en train d’en reconstruire une plus belle au prix le plus bas emportant ses gains vers une île le pacifique. À force de faire la guerre au pacifique, à coups de pancartes, il ne nous restera que  quelques décennies pour sortir de ce trou noir. Les avocasseries – ce dont peuvent se payer ( et à nos frais) – ceux qui dirigent maintenant notre destinée vers nulle part auront raison desdits citoyens. 

La réussite de la justice est de faire crever le plaignant par un moyen simple: la lenteur et la longueur des procédures. Le système a été copié en étudiant l’art de mener un pays par un parti au pouvoir. N’importe lequel. Car de toute manière, c’est une sorte d’arriéré mental « plausible » et beau parleur qui a la finesse d’un vendeur de visses.

Quand on songe qu’en éducation on se chamaille à savoir si on devrait insister sur la compétence ou les connaissances – grand débat – , on constate que nos politiciens n’on ni l’un ni l’autre.   La raison est simple: ils sont allés à l’école trop longtemps.

«Etat-concurrence». Le voyage se poursuit dans les paradis fiscaux, sous le soleil des îles Caïmans ou dans le brouillard de Jersey où les filiales d’Apple, Google and co achèvent de brouiller les pistes. Mais il ne faudrait pas croire que nos gouvernants, et donc également ceux qui ont voté pour eux, n’ont pas leur part de responsabilité dans cette optimisation fiscale, comme on l’appelle pudiquement dans les cabinets d’avocats et qui, comme le reproche une députée anglaise à un cadre d’Amazon, «n’est pas forcément illégale mais toujours immorale». «A l’ère de la globalisation, l’Etat-providence qui protège et régule s’est mis à ressembler aux entreprises, analyse la journaliste québécoise, il est devenu un Etat-concurrence, plus porté à l’efficacité fiscale qu’à sa justice afin d’attirer les investisseurs. Christophe ALIX

Merci à : Gaëtan Pelletier

LA VÉRITÉ CACHÉE: Quand Alexandre Zinoviev dénonçait la tyrannie mondialiste et le totalitarisme démocratique…

10 Mar

Dernier entretien en terre d’Occident : juin 1999

Entretien réalisé par Victor Loupan à Munich, en juin 1999,
quelques jours avant le retour définitif d’Alexandre Zinoviev en Russie ;
extrait de “La grande rupture”, aux éditions l’Âge d’Homme.

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Philosophe, logicien, sociologue,
et écrivain dissident soviétique.
Victor Loupan : Avec quels sentiments rentrez-vous après un exil aussi long ?

Alexandre Zinoviev : Avec celui d’avoir quitté une puissance respectée, forte, crainte même, et de retrouver un pays vaincu, en ruines. Contrairement à d’autres, je n’aurais jamais quitté l’URSS, si on m’avait laissé le choix. L’émigration a été une vraie punition pour moi.

V. L. : On vous a pourtant reçu à bras ouverts !

A. Z. : C’est vrai. Mais malgré l’accueil triomphal et le succès mondial de mes livres, je me suis toujours senti étranger ici.

V. L. : Depuis la chute du communisme, c’est le système occidental qui est devenu votre principal objet d’étude et de critique. Pourquoi ?

A. Z. : Parce que ce que j’avais dit est arrivé : la chute du communisme s’est transformée en chute de la Russie. La Russie et le communisme étaient devenus une seule et même chose.

V. L. : La lutte contre le communisme aurait donc masqué une volonté d’élimination de la Russie ?

A. Z. : Absolument. La catastrophe russe a été voulue et programmée ici, en Occident. Je le dis, car j’ai été, à une certaine époque, un initié. J’ai lu des documents, participé à des études qui, sous prétexte de combattre une idéologie, préparaient la mort de la Russie. Et cela m’est devenu insupportable au point où je ne peux plus vivre dans le camp de ceux qui détruisent mon pays et mon peuple. L’Occident n’est pas une chose étrangère pour moi, mais c’est une puissance ennemie.

V. L. : Seriez-vous devenu un patriote ?

A. Z. : Le patriotisme, ce n’est pas mon problème. J’ai reçu une éducation internationaliste et je lui reste fidèle. Je ne peux d’ailleurs pas dire si j’aime ou non la Russie et les Russes. Mais j’appartiens à ce peuple et à ce pays. J’en fais partie. Les malheurs actuels de mon peuple sont tels, que je ne peux continuer à les contempler de loin. La brutalité de la mondialisation met en évidence des choses inacceptables.

V. L. : Les dissidents soviétiques parlaient pourtant comme si leur patrie était la démocratie et leur peuple les droits de l’homme. Maintenant que cette manière de voir est dominante en Occident, vous semblez la combattre. N’est-ce pas contradictoire ?

A. Z. : Pendant la guerre froide, la démocratie était une arme dirigée contre le totalitarisme communiste, mais elle avait l’avantage d’exister. On voit d’ailleurs aujourd’hui que l’époque de la guerre froide a été un point culminant de l’histoire de l’Occident. Un bien être sans pareil, de vraies libertés, un extraordinaire progrès social, d’énormes découvertes scientifiques et techniques, tout y était ! Mais, l’Occident se modifiait aussi presqu’imperceptiblement. L’intégration timide des pays développés, commencée alors, constituait en fait les prémices de la mondialisation de l’économie et de la globalisation du pouvoir auxquels nous assistons aujourd’hui. Une intégration peut être généreuse et positive si elle répond, par exemple, au désir légitime des nations-soeurs de s’unir. Mais celle-ci a, dès le départ, été pensée en termes de structures verticales, dominées par un pouvoir supranational. Sans le succès de la contre-révolution russe, il n’aurait pu se lancer dans la mondialisation.

V. L. : Le rôle de Gorbatchev n’a donc pas été positif ?

A. Z. : Je ne pense pas en ces termes-là. Contrairement à l’idée communément admise, le communisme soviétique ne s’est pas effondré pour des raisons internes. Sa chute est la plus grande victoire de l’histoire de l’Occident ! Victoire colossale qui, je le répète, permet l’instauration d’un pouvoir planétaire. Mais la fin du communisme a aussi marqué la fin de la démocratie. Notre époque n’est pas que post-communiste, elle est aussi post-démocratique. Nous assistons aujourd’hui à l’instauration du totalitarisme démocratique ou, si vous préférez, de la démocratie totalitaire.

V. L. : N’est-ce pas un peu absurde ?

A. Z. : Pas du tout. La démocratie sous-entend le pluralisme. Et le pluralisme suppose l’opposition d’au moins deux forces plus ou moins égale ; forces qui se combattent et s’influencent en même temps. Il y avait, à l’époque de la guerre froide, une démocratie mondiale, un pluralisme global au sein duquel coexistaient le système capitaliste, le système communiste et même une structure plus vague mais néanmoins vivante, les non-alignés. Le totalitarisme soviétique était sensible aux critiques venant de l’Occident. L’Occident subissait lui aussi l’influence de l’URSS, par l’intermédiaire notamment de ses propres partis communistes. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde dominé par une force unique, par une idéologie unique, par un parti unique mondialiste. La constitution de ce dernier a débuté, elle aussi, à l’époque de la guerre froide, quand des superstructures transnationales ont progressivement commencé à se constituer sous les formes les plus diverses : sociétés commerciales, bancaires, politiques, médiatiques. Malgré leurs différents secteurs d’activités, ces forces étaient unies par leur nature supranationale. Avec la chute du communisme, elles se sont retrouvées aux commandes du monde. Les pays occidentaux sont donc dominateurs, mais aussi dominés, puisqu’ils perdent progressivement leur souveraineté au profit de ce que j’appelle la “suprasociété”. Suprasociété planétaire, constituée d’entreprises commerciales et d’organismes non-commerciaux, dont les zones d’influence dépassent les nations. Les pays occidentaux sont soumis, comme les autres, au contrôle de ces structures supranationales. Or, la souveraineté des nations était, elle aussi, une partie constituante du pluralisme et donc de la démocratie, à l’échelle de la planète. Le pouvoir dominant actuel écrase les états souverains. L’intégration de l’Europe qui se déroule sous nos yeux, provoque elle aussi la disparition du pluralisme au sein de ce nouveau conglomérat, au profit d’un pouvoir supranational.

V. L. : Mais ne pensez-vous pas que la France ou l’Allemagne continuent à être des pays démocratiques ?

A. Z. : Les pays occidentaux ont connu une vraie démocratie à l’époque de la guerre froide. Les partis politiques avaient de vraies divergences idéologiques et des programmes politiques différents. Les organes de presse avaient des différences marquées, eux aussi. Tout cela influençait la vie des gens, contribuait à leur bien-être. C’est bien fini. Parce que le capitalisme démocratique et prospère, celui des lois sociales et des garanties d’emploi devait beaucoup à l’épouvantail communiste. L’attaque massive contre les droits sociaux à l’Ouest a commencé avec la chute du communisme à l’Est. Aujourd’hui, les socialistes au pouvoir dans la plupart des pays d’Europe, mènent une politique de démantèlement social qui détruit tout ce qu’il y avait de socialiste justement dans les pays capitalistes. Il n’existe plus, en Occident, de force politique capable de défendre les humbles. L’existence des partis politiques est purement formelle. Leurs différences s’estompent chaque jour davantage. La guerre des Balkans était tout sauf démocratique. Elle a pourtant été menée par des socialistes, historiquement opposés à ce genre d’aventures. Les écologistes, eux aussi au pouvoir dans plusieurs pays, ont applaudi au désastre écologique provoqué par les bombardements de l’OTAN. Ils ont même osé affirmer que les bombes à uranium appauvri n’étaient pas dangereuses alors que les soldats qui les chargent portent des combinaisons spéciales. La démocratie tend donc aussi à disparaître de l’organisation sociale occidentale. Le totalitarisme financier a soumis les pouvoirs politiques. Le totalitarisme financier est froid. Il ne connaît ni la pitié ni les sentiments. Les dictatures politiques sont pitoyables en comparaison avec la dictature financière. Une certaine résistance était possible au sein des dictatures les plus dures. Aucune révolte n’est possible contre la banque.

V. L. : Et la révolution ?

A. Z. : Le totalitarisme démocratique et la dictature financière excluent la révolution sociale.

V. L. : Pourquoi ?

A. Z. : Parce qu’ils combinent la brutalité militaire toute puissante et l’étranglement financier planétaire. Toutes les révolutions ont bénéficié de soutien venu de l’étranger. C’est désormais impossible, par absence de pays souverains. De plus, la classe ouvrière a été remplacée au bas de l’échelle sociale, par la classe des chômeurs. Or que veulent les chômeurs ? Un emploi. Ils sont donc, contrairement à la classe ouvrière du passé, dans une situation de faiblesse.

V. L. : Les systèmes totalitaires avaient tous une idéologie. Quelle est celle de cette nouvelle société que vous appelez post-démocratique ?

A. Z. : Les théoriciens et les politiciens occidentaux les plus influents considèrent que nous sommes entrés dans une époque post-idéologique. Parce qu’ils sous-entendent par “idéologie” le communisme, le fascisme, le nazisme, etc. En réalité, l’idéologie, la supraidéologie du monde occidental, développée au cours des cinquante dernières années, est bien plus forte que le communisme ou le national-socialisme. Le citoyen occidental en est bien plus abruti que ne l’était le soviétique moyen par la propagande communiste. Dans le domaine idéologique, l’idée importe moins que les mécanismes de sa diffusion. Or la puissance des médias occidentaux est, par exemple, incomparablement plus grande que celle, énorme pourtant, du Vatican au sommet de son pouvoir. Et ce n’est pas tout : le cinéma, la littérature, la philosophie, tous les moyens d’influence et de diffusion de la culture au sens large vont dans le même sens. A la moindre impulsion, ceux qui travaillent dans ces domaines réagissent avec un unanimisme qui laisse penser à des ordres venant d’une source de pouvoir unique. Il suffit que la décision de stigmatiser un Karadzic, un Milosevic ou un autre soit prise pour qu’une machine de propagande planétaire se mette en branle contre ces gens, sans grande importance. Et alors qu’il faudrait juger les politiciens et les généraux de l’OTAN parce qu’ils ont enfreint toutes les lois existantes, l’écrasante majorité des citoyens occidentaux est persuadée que la guerre contre la Serbie était juste et bonne. L’idéologie occidentale combine et fait converger les idées en fonction des besoins. L’une d’entre elles est que les valeurs et le mode de vie occidentaux sont supérieurs à d’autres. Alors que pour la plupart des peuples de la planète ces valeurs sont mortelles. Essayez donc de convaincre les Américains que la Russie en meurt. Vous n’y arriverez jamais. Ils continueront à affirmer que les valeurs occidentales sont universelles, appliquant ainsi l’un des principes fondamentaux du dogmatisme idéologique. Les théoriciens, les médias et les politiciens occidentaux sont absolument persuadés de la supériorité de leur système. C’est cela qui leur permet de l’imposer au monde avec bonne conscience. L’homme occidental, porteur de ces valeurs supérieures est donc un nouveau surhomme. Le terme est tabou, mais cela revient au même. Tout cela mériterait d’être étudié scientifiquement. Mais la recherche scientifique dans certains domaines sociologiques et historiques est devenue difficile. Un scientifique qui voudrait se pencher sur les mécanismes du totalitarisme démocratique aurait à faire face aux plus grandes difficultés. On en ferait d’ailleurs un paria. Par contre, ceux dont le travail sert l’idéologie dominante, croulent sous les dotations et les éditeurs comme les médias se les disputent. Je l’ai observé en tant que chercheur et professeur des universités.

V. L. : Mais cette “supraidéologie” ne propage-t-elle pas aussi la tolérance et le respect ?

A. Z. : Quand vous écoutez les élites occidentales, tout est pur, généreux, respectueux de la personne humaine. Ce faisant, elles appliquent une règle classique de la propagande : masquer la réalité par le discours. Car il suffit d’allumer la télévision, d’aller au cinéma, d’ouvrir les livres à succès, d’écouter la musique la plus diffusée, pour se rendre compte que ce qui est propagé en réalité c’est le culte du sexe, de la violence et de l’argent. Le discours noble et généreux est donc destiné à masquer ces trois piliers – il y en a d’autres – de la démocratie totalitaire.

V. L. : Mais que faites-vous des droits de l’homme ? Ne sont-ils pas respectés en Occident bien plus qu’ailleurs ?

A. Z. : L’idée des droits de l’homme est désormais soumise elle aussi à une pression croissante. L’idée, purement idéologique, selon laquelle ils seraient innés et inaltérables ne résisterait même pas à un début d’examen rigoureux. Je suis prêt à soumettre l’idéologie occidentale à l’analyse scientifique, exactement comme je l’ai fait pour le communisme. Ce sera peut-être un peu long pour un entretien.

V. L. : N’a-t-elle pas une idée maîtresse ?

A. Z. : C’est le mondialisme, la globalisation. Autrement dit : la domination mondiale. Et comme cette idée est assez antipathique, on la masque sous le discours plus vague et généreux d’unification planétaire, de transformation du monde en un tout intégré. C’est le vieux masque idéologique soviétique ; celui de l’amitié entre les peuples, “amitié” destinée à couvrir l’expansionnisme. En réalité, l’Occident procède actuellement à un changement de structure à l’échelle planétaire. D’un côté, la société occidentale domine le monde de la tête et des épaules et de l’autre, elle s’organise elle-même verticalement, avec le pouvoir supranational au sommet de la pyramide.

V. L. : Un gouvernement mondial ?

A. Z. : Si vous voulez.

V. L. : Croire cela n’est-ce-pas être un peu victime du fantasme du complot ?

A. Z. : Quel complot ? Il n’y a aucun complot. Le gouvernement mondial est dirigé par les gouverneurs des structures supranationales commerciales, financières et politiques connues de tous. Selon mes calculs, une cinquantaine de millions de personnes fait déjà partie de cette suprasociété qui dirige le monde. Les États-Unis en sont la métropole. Les pays d’Europe occidentale et certains anciens “dragons” asiatiques, la base. Les autres sont dominés suivant une dure gradation économico-financière. Ça, c’est la réalité. La propagande, elle, prétend qu’un gouvernement mondial contrôlé par un parlement mondial serait souhaitable, car le monde est une vaste fraternité. Ce ne sont là que des balivernes destinées aux populations.

V. L. : Le Parlement européen aussi ?

A. Z. : Non, car le Parlement européen existe. Mais il serait naïf de croire que l’union de l’Europe s’est faite parce que les gouvernements des pays concernés l’ont décidé gentiment. L’Union européenne est un instrument de destruction des souverainetés nationales. Elle fait partie des projets élaborés par les organismes supranationaux.

V. L. : La Communauté européenne a changé de nom après la destruction de l’Union soviétique. Elle s’est appelée Union européenne, comme pour la remplacer. Après tout, il y avait d’autres noms possibles. Aussi, ses dirigeants s’appellent-ils “commissaires”, comme les Bolcheviks. Ils sont à la tête d’une “Commission”, comme les Bolcheviks. Le dernier président a été “élu” tout en étant candidat unique.

A. Z. : Il ne faut pas oublier que des lois régissent l’organisation sociale. Organiser un million d’hommes c’est une chose, dix millions c’en est une autre, cent millions, c’est bien plus compliqué encore. Organiser cinq cent millions est une tâche immense. Il faut créer de nouveaux organismes de direction, former des gens qui vont les administrer, les faire fonctionner. C’est indispensable. Or l’Union soviétique est, en effet, un exemple classique de conglomérat multinational coiffé d’une structure dirigeante supranationale. L’Union européenne veut faire mieux que l’Union soviétique ! C’est légitime. J’ai déjà été frappé, il y a vingt ans, de voir à quel point les soi-disant tares du système soviétique étaient amplifiées en Occident.

V. L. : Par exemple ?

A. Z. : La planification ! L’économie occidentale est infiniment plus planifiée que ne l’a jamais été l’économie soviétique. La bureaucratie ! En Union Soviétique 10 % à 12 % de la population active travaillaient dans la direction et l’administration du pays. Aux États Unis, ils sont entre 16 % et 20 %. C’est pourtant l’URSS qui était critiquée pour son économie planifiée et la lourdeur de son appareil bureaucratique ! Le Comité central du PCUS employait deux mille personnes. L’ensemble de l’appareil du Parti communiste soviétique était constitué de 150000 salariés. Vous trouverez aujourd’hui même, en Occident, des dizaines voire des centaines d’entreprises bancaires et industrielles qui emploient un nombre bien plus élevé de gens. L’appareil bureaucratique du Parti communiste soviétique était pitoyable en comparaison avec ceux des grandes multinationales. L’URSS était en réalité un pays sous-administré. Les fonctionnaires de l’administration auraient dû être deux à trois fois plus nombreux. L’Union européenne le sait, et en tient compte. L’intégration est impossible sans la création d’un très important appareil administratif.

V. L. : Ce que vous dites est contraire aux idées libérales, affichées par les dirigeants européens. Pensez-vous que leur libéralisme est de façade ?

A. Z. : L’administration a tendance à croître énormément. Cette croissance est dangereuse, pour elle-même. Elle le sait. Comme tout organisme, elle trouve ses propres antidotes pour continuer à prospérer. L’initiative privée en est un. La morale publique et privée, un autre. Ce faisant, le pouvoir lutte en quelque sorte contre ses tendances à l’auto-déstabilisation. Il a donc inventé le libéralisme pour contrebalancer ses propres lourdeurs. Et le libéralisme a joué, en effet, un rôle historique considérable. Mais il serait absurde d’être libéral aujourd’hui. La société libérale n’existe plus. Sa doctrine est totalement dépassée à une époque de concentrations capitalistiques sans pareil dans l’histoire. Les mouvements d’énormes masses financières ne tiennent compte ni des intérêts des États ni de ceux des peuples, peuples composés d’individus. Le libéralisme sous-entend l’initiative personnelle et le risque financier personnel. Or, rien ne se fait aujourd’hui sans l’argent des banques. Ces banques, de moins en moins nombreuses d’ailleurs, mènent une politique dictatoriale, dirigiste par nature. Les propriétaires sont à leur merci, puisque tout est soumis au crédit et donc au contrôle des puissances financières. L’importance des individus, fondement du libéralisme, se réduit de jour en jour. Peu importe aujourd’hui qui dirige telle ou telle entreprise ; ou tel ou tel pays d’ailleurs. Bush ou Clinton, Kohl ou Schröder, Chirac ou Jospin, quelle importance ? Ils mènent et mèneront la même politique.

V. L. : Les totalitarismes du XXe siècle ont été extrêmement violents. On ne peut dire la même chose de la démocratie occidentale.

A. Z. : Ce ne sont pas les méthodes, ce sont les résultats qui importent. Un exemple ? L’URSS a perdu vingt million d’hommes et subi des destructions considérables, en combattant l’Allemagne nazie. Pendant la guerre froide, guerre sans bombes ni canons pourtant, ses pertes, sur tous les plans, ont été bien plus considérables ! La durée de vie des Russes a chuté de dix ans dans les dix dernières années. La mortalité dépasse la natalité de manière catastrophique. Deux millions d’enfants ne dorment pas à la maison. Cinq millions d’enfants en âge d’étudier ne vont pas à l’école. Il y a douze millions de drogués recensés. L’alcoolisme s’est généralisé. 70 % des jeunes ne sont pas aptes au service militaire à cause de leur état physique. Ce sont là des conséquences directes de la défaite dans la guerre froide, défaite suivie par l’occidentalisation. Si cela continue, la population du pays descendra rapidement de cent-cinquante à cent, puis à cinquante millions d’habitants. Le totalitarisme démocratique surpassera tous ceux qui l’ont précédé.

V. L. : En violence ?

A. Z. : La drogue, la malnutrition, le sida sont plus efficaces que la violence guerrière. Quoique, après la guerre froide dont la force de destruction a été colossale, l’Occident vient d’inventer la “guerre pacifique”. L’Irak et la Yougoslavie sont deux exemples de réponse disproportionnée et de punition collective, que l’appareil de propagande se charge d’habiller en “juste cause” ou en “guerre humanitaire”. L’exercice de la violence par les victimes contre elles-mêmes est une autre technique prisée. La contre-révolution russe de 1985 en est un exemple. Mais en faisant la guerre à la Yougoslavie, les pays d’Europe occidentale l’ont faite aussi à eux-mêmes.

V. L. : Selon vous, la guerre contre la Serbie était aussi une guerre contre l’Europe ?

A. Z. : Absolument. Il existe, au sein de l’Europe, des forces capables de lui imposer d’agir contre elle-même. La Serbie a été choisie, parce qu’elle résistait au rouleau compresseur mondialiste. La Russie pourrait être la prochaine sur la liste. Avant la Chine.

V. L. : Malgré son arsenal nucléaire ?

A. Z. : L’arsenal nucléaire russe est énorme mais dépassé. De plus, les Russes sont moralement prêts à être conquis. A l’instar de leurs aïeux qui se rendaient par millions dans l’espoir de vivre mieux sous Hitler que sous Staline, ils souhaitent même cette conquête, dans le même espoir fou de vivre mieux. C’est une victoire idéologique de l’Occident. Seul un lavage de cerveau peut obliger quelqu’un à voir comme positive la violence faite à soi-même. Le développement des mass-media permet des manipulations auxquelles ni Hitler ni Staline ne pouvaient rêver. Si demain, pour des raisons “X”, le pouvoir supranational décidait que, tout compte fait, les Albanais posent plus de problèmes que les Serbes, la machine de propagande changerait immédiatement de direction, avec la même bonne conscience. Et les populations suivraient, car elles sont désormais habituées à suivre. Je le répète : on peut tout justifier idéologiquement. L’idéologie des droits de l’homme ne fait pas exception. Partant de là, je pense que le XXIe siècle dépassera en horreur tout ce que l’humanité a connu jusqu’ici. Songez seulement au futur combat contre le communisme chinois. Pour vaincre un pays aussi peuplé, ce n’est ni dix ni vingt mais peut-être cinq cent millions d’individus qu’il faudra éliminer. Avec le développement que connaît actuellement la machine de propagande ce chiffre est tout à fait atteignable. Au nom de la liberté et des droits de l’homme, évidemment. A moins qu’une nouvelle cause, non moins noble, sorte de quelque institution spécialisée en relations publiques.

V. L. : Ne pensez-vous pas que les hommes et les femmes peuvent avoir des opinions, voter, sanctionner par le vote ?

A. Z. : D’abord les gens votent déjà peu et voteront de moins en moins. Quant à l’opinion publique occidentale, elle est désormais conditionnée par les médias. Il n’y a qu’à voir le oui massif à la guerre du Kosovo. Songez donc à la guerre d’Espagne ! Les volontaires arrivaient du monde entier pour combattre dans un camp comme dans l’autre. Souvenez-vous de la guerre du Vietnam. Les gens sont désormais si conditionnés qu’ils ne réagissent plus que dans le sens voulu par l’appareil de propagande.

V. L. : L’URSS et la Yougoslavie étaient les pays les plus multiethniques du monde et pourtant ils ont été détruits. Voyez-vous un lien entre la destruction des pays multiethniques d’un côté et la propagande de la multiethnicité de l’autre ?

A. Z. : Le totalitarisme soviétique avait créé une vraie société multinationale et multiethnique. Ce sont les démocraties occidentales qui ont fait des efforts de propagande surhumains, à l’époque de la guerre froide, pour réveiller les nationalismes. Parce qu’elles voyaient dans l’éclatement de l’URSS le meilleur moyen de la détruire. Le même mécanisme a fonctionné en Yougoslavie. L’Allemagne a toujours voulu la mort de la Yougoslavie. Unie, elle aurait été plus difficile à vaincre. Le système occidental consiste à diviser pour mieux imposer sa loi à toutes les parties à la fois, et s’ériger en juge suprême. Il n’y a pas de raison pour qu’il ne soit pas appliqué à la Chine. Elle pourrait être divisée, en dizaines d’États.

V. L. : La Chine et l’Inde ont protesté de concert contre les bombardements de la Yougoslavie. Pourraient-elles éventuellement constituer un pôle de résistance ? Deux milliards d’individus, ce n’est pas rien !

A. Z. : La puissance militaire et les capacités techniques de l’Occident sont sans commune mesure avec les moyens de ces deux pays.

V. L. : Parce que les performances du matériel de guerre américain en Yougoslavie vous ont impressionné ?

A. Z. : Ce n’est pas le problème. Si la décision avait été prise, la Serbie aurait cessé d’exister en quelques heures. Les dirigeants du Nouvel ordre mondial ont apparemment choisi la stratégie de la violence permanente. Les conflits locaux vont se succéder pour être arrêtés par la machine de “guerre pacifique” que nous venons de voir à l’oeuvre. Cela peut, en effet, être une technique de management planétaire. L’Occident contrôle la majeure partie des ressources naturelles mondiales. Ses ressources intellectuelles sont des millions de fois supérieures à celles du reste de la planète. C’est cette écrasante supériorité qui détermine sa domination technique, artistique, médiatique, informatique, scientifique dont découlent toutes les autres formes de domination. Tout serait simple s’il suffisait de conquérir le monde. Mais il faut encore le diriger. C’est cette question fondamentale que les Américains essaient maintenant de résoudre. C’est cela qui rend “incompréhensibles” certaines actions de la “communauté internationale”. Pourquoi Saddam est-il toujours là ? Pourquoi Karadzic n’est-il toujours pas arrêté ? Voyez-vous, à l’époque du Christ, nous étions peut-être cent millions sur l’ensemble du globe. Aujourd’hui, le Nigeria compte presqu’autant d’habitants ! Le milliard d’Occidentaux et assimilés va diriger le reste du monde. Mais ce milliard devra être dirigé à son tour. Il faudra probablement deux cent millions de personnes pour diriger le monde occidental. Il faut les sélectionner, les former. Voilà pourquoi la Chine est condamnée à l’échec dans sa lutte contre l’hégémonie occidentale. Ce pays sous-administré n’a ni les capacités économiques ni les ressources intellectuelles pour mettre en place un appareil de direction efficace, composé de quelque trois cent millions d’individus. Seul l’Occident est capable de résoudre les problèmes de management à l’échelle de la planète. Cela se met déjà en place. Les centaines de milliers d’Occidentaux se trouvant dans les anciens pays communistes, en Russie par exemple, occupent dans leur écrasante majorité des postes de direction. La démocratie totalitaire sera aussi une démocratie coloniale.

V. L. : Pour Marx, la colonisation était civilisatrice. Pourquoi ne le serait-elle pas à nouveau ?

A. Z. : Pourquoi pas, en effet ? Mais pas pour tout le monde. Quel est l’apport des Indiens d’Amérique à la civilisation ? Il est presque nul, car ils ont été exterminés, écrasés. Voyez maintenant l’apport des Russes ! L’Occident se méfiait d’ailleurs moins de la puissance militaire soviétique que de son potentiel intellectuel, artistique, sportif. Parce qu’il dénotait une extraordinaire vitalité. Or c’est la première chose à détruire chez un ennemi. Et c’est ce qui a été fait. La science russe dépend aujourd’hui des financements américains. Et elle est dans un état pitoyable, car ces derniers n’ont aucun intérêt à financer des concurrents. Ils préfèrent faire travailler les savants russes aux USA. Le cinéma soviétique a été lui aussi détruit et remplacé par le cinéma américain. En littérature, c’est la même chose. La domination mondiale s’exprime, avant tout, par le diktat intellectuel ou culturel si vous préférez. Voilà pourquoi les Américains s’acharnent, depuis des décennies, à baisser le niveau culturel et intellectuel du monde : ils veulent le ramener au leur pour pouvoir exercer ce diktat.

V. L. : Mais cette domination, ne serait-elle pas, après tout, un bien pour l’humanité ?

A. Z. : Ceux qui vivront dans dix générations pourront effectivement dire que les choses se sont faites pour le bien de l’humanité, autrement dit pour leur bien à eux. Mais qu’en est-il du Russe ou du Français qui vit aujourd’hui ? Peut-il se réjouir s’il sait que l’avenir de son peuple pourrait être celui des Indiens d’Amérique ? Le terme d’Humanité est une abstraction. Dans la vie réelle il y a des Russes, des Français, des Serbes, etc. Or si les choses continuent comme elles sont parties, les peuples qui ont fait notre civilisation, je pense avant tout aux peuples latins, vont progressivement disparaître. L’Europe occidentale est submergée par une marée d’étrangers. Nous n’en avons pas encore parlé, mais ce n’est ni le fruit du hasard, ni celui de mouvements prétendument incontrôlables. Le but est de créer en Europe une situation semblable à celle des États-Unis. Savoir que l’humanité va être heureuse, mais sans Français, ne devrait pas tellement réjouir les Français actuels. Après tout, laisser sur terre un nombre limité de gens qui vivraient comme au Paradis, pourrait être un projet rationnel. Ceux-là penseraient d’ailleurs sûrement que leur bonheur est l’aboutissement de la marche de l’histoire. Non, il n’est de vie que celle que nous et les nôtres vivons aujourd’hui.

V. L. : Le système soviétique était inefficace. Les sociétés totalitaires sont-elles toutes condamnées à l’inefficacité ?

A. Z. : Qu’est-ce que l’efficacité ? Aux États-Unis, les sommes dépensées pour maigrir dépassent le budget de la Russie. Et pourtant le nombre des gros augmente. Il y a des dizaines d’exemples de cet ordre.

V. L. : Peut-on dire que l’Occident vit actuellement une radicalisation qui porte les germes de sa propre destruction ?

A. Z. : Le nazisme a été détruit dans une guerre totale. Le système soviétique était jeune et vigoureux. Il aurait continué à vivre s’il n’avait pas été combattu de l’extérieur. Les systèmes sociaux ne s’autodétruisent pas. Seule une force extérieure peut anéantir un système social. Comme seul un obstacle peut empêcher une boule de rouler. Je pourrais le démontrer comme on démontre un théorème. Actuellement, nous sommes dominés par un pays disposant d’une supériorité économique et militaire écrasante. Le Nouvel ordre mondial se veut unipolaire. Si le gouvernement supranational y parvenait, n’ayant aucun ennemi extérieur, ce système social unique pourrait exister jusqu’à la fin des temps. Un homme seul peut être détruit par ses propres maladies. Mais un groupe, même restreint, aura déjà tendance à se survivre par la reproduction. Imaginez un système social composé de milliards d’individus ! Ses possibilités de repérer et d’arrêter les phénomènes autodestructeurs seront infinies. Le processus d’uniformisation du monde ne peut être arrêté dans l’avenir prévisible. Car le totalitarisme démocratique est la dernière phase de l’évolution de la société occidentale, évolution commencée à la Renaissance.

À bâtons rompus_ Qu’aurons-nous fait?

10 Mar

letswakeupworld:Guidi Oumarou, nineteen, sits at Gore Hospital in Chad, where her two-year-old son, Mama Sale, is being treated for severe malnutrition. (Photo Credit: Corentin Fohlen)

La question n’est pas de savoir ce que nous aurions pu faire. La question est de savoir ce que nous pouvons être, seulement être pour arriver à « faire vraiment ».  Le monde actuel se « fabrique » par la notion de ce que l’on peut faire… Alors, c’est une ère de robots. Puisque maintenant tout est pointé vers ce que nous devons fournir en terme de « travail », et non en terme d’être, nous assistons à la disparition des êtres  par ceux que n’ont jamais su être mais ont cru que le « savoir faire » valait mieux que le savoir être.

La belle bâtisse de notre être est désormais vendue à une machine à faire.

Nous ne pouvons abouter l’être et le faire que dans les petites communautés. Sur le plan planétaire, dans la discorde et le tressage invisible des êtres au profit d’un « un-numéro », nous somme désormais à la construction d’un espace aussi invisible et inutile que le virtuel. Nous sommes l’octet virtuel d’une mondialisation en train de fabriquer des agités sociaux-économiques.  Que ça! Des agités! Sorte de combattant sans but réel, n’ayant que des ennemis invisibles…

Nous nous sommes détruits en laissant aux spécialistes du « faire » notre destin. Ladite compétence des structures éducationnelles est désormais orientée vers ce but ultime et mécanique de faire, de fabriquer, de travailler, de payer, de trahir, et d’accepter un modèle inconscient d’agir.

On ne peut pas « être » dans cet univers mécanique et lambrissé de papiers, distants les uns les autres.

Le seul et unique message du monde, des sociétés, est désormais de perpétrer dans une inconscience engloutissante toute possibilité de réflexion, de rapprochement, et d’une indignité répandue semblable à une Shoah planétaire.

D’un meurtre global…

Merci à : Gaëtan Pelletier

LA VERDAD OCULTA_CÓMO ABORTARÁN LA REVOLUCIÓN (2ª parte)

10 Mar

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Como decíamos en la primera parte de este artículo, la mejor forma de abortar una revolución no es impedirla, sino canalizarla adecuadamente.

Tratar de acallar el creciente descontento de la población mediante la represión es como tapar una olla a presión sin dejar abierta una válvula de escape. Tarde o temprano acabará estallando con consecuencias imprevisibles.

Y es absurdo tratar de contener tanta energía si puedes aprovecharla en beneficio propio…

Los tiempos han cambiado. Atrás quedan las épocas de la represión violenta y explícita de la disensión, propia de los antiguos dictadores, cuyos mecanismos de control se basaban en el ejercicio de la fuerza bruta.

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Ahora, esa fuerza bruta ha sido sustituida por una arma mucho más refinada y efectiva y por lo tanto, mucho más difícil de combatir: la ingeniería social y el uso inteligente de la información privilegiada.

Así pues, si se dan los condicionantes para un estallido social, como se produce en estos momentos, que nadie espere de las élites dominantes un ejercicio directo y evidente de represión sobre la población.

Su maniobra principal radicará en la creación de líderes alternativos controlados, que vehiculen la disconformidad, con el fin de mantener el sistema en pie y aprovechar las energías de la protesta para realizar las transformaciones necesarias a nivel socio-político y económico que el mundo necesita (o más bien dicho, que ellos necesitan) en estos momentos de cambio de paradigma mundial.

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Todo esto puede parecer muy retorcido, pero si nos fijamos bien, podremos ver a nuestro alrededor la aparición de gran cantidad de indicios que apuntan en esta dirección.

De forma aparentemente natural han surgido por doquier movimientos que luchan por “una sociedad más justa y equitativa”; líderes que toman posiciones ventajosas sobre el tablero de juego.

Todo parece preparado.

Las piezas ya están colocadas en su lugar.

Ya solo falta el movimiento final…

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INDICIOS SOSPECHOSOS

Últimamente hemos leído algunos artículos que muestran indicios realmente sospechosos de que pueda haber un gran movimiento orquestado a nivel mundial cuya función sea abortar una posible revolución descontrolada y un cambio profundo y real.

Quizás alguna gente piense que, a estas alturas, pensar en una revolución es algo absolutamente descabellado.

Pero en un reciente artículo titulado: “LA INICIATIVA DE INVESTIGACIÓN MINERVA O CÓMO EL PENTÁGONO SE PREPARA PARA REPRIMIR DISTURBIOS MASIVOS” conocíamos los ejercicios realizados por el Departamento de Defensa de EEUU con el fin de prepararse ante posibles disturbios a gran escala en diferentes puntos del planeta.

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Así pues, la idea de una posible revolución es algo plausible, que los propios estamentos del poder llegan a plantearse como una posibilidad.

Y por lo visto, no son los únicos.

Hace unos días salía a la luz un artículo escrito por el multimillonario norteamericano Nick Hanauer: IMPRESIONANTE CARTA ABIERTA DE UN MULTIMILLONARIO

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En este artículo, Hanauer advierte a sus “compañeros” millonarios de la posibilidad de un gran estallido social por parte del 99,99% de la población contra la plutocracia encarnada por el 0,01% de privilegiados del que gente como él forman parte.

Pero lo más significativo de la carta de Hanauer es la llamada a reequilibrar el nivel de creciente desigualdad entre las élites privilegiadas y el resto de la población. Hanauer propone un reparto mas justo de las riquezas, con el fin de salvar la cabeza de los más ricos y su posición de privilegio antes de que sea demasiado tarde.

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O dicho en otras palabras: promulga un reajuste social y económico con el fin de salvar el sistema; el mismo sistema que garantiza su posición ventajosa.

La carta de Hanauer resulta muy oportuna, porque confirma nuestras sospechas: hay un movimiento generalizado en esa dirección.

Algunos tratarán de vendernos este reparto “mas equitativo” como una gran revolución y sobretodo como “un triunfo del pueblo sobre las élites”.

Prácticamente nos dirán que es “un cambio de sistema”.

Pero todo será un engaño. Solo serán cambios interesados y absolutamente cosméticos realizados con el fin de que nada cambie en realidad.

Y como decimos, hay personajes de muy distintos pelajes situándose estratégicamente para dirigir las operaciones y convertirse en voces de referencia durante el proceso.

Encontramos otro ejemplo en el artículo titulado: ROBERT STEELE: EL EX AGENTE DE LA CIA QUE LLAMA A LA REVOLUCIÓN GLOBAL

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Tras 20 años trabajando para los servicios de inteligencia de los EEUU y tras cofundar el servicio de inteligencia de los Marines de EEUU, resulta que ahora, el señor Steele, se ha convertido en un “revolucionario”.

Según Steele: “las principales condiciones para que se produzca una revolución en Gran Bretaña y Estados Unidos, están ahora más presentes que nunca”

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Robert Steele afirma que el capitalismo es inherentemente depredador y destructivo y promulga un cambio de paradigma, basado en la transparencia de los códigos abiertos y en un mundo de inteligencia en red, con estructuras no jerarquizadas:

“Rechazar la riqueza ilícita concentrada en algunas manos, en favor de la riqueza de la comunidad, definida por el conocimiento comunitario, la información compartida y la definición común de la verdad, derivada de la transparencia y la autenticidad”

Mundo en red, conocimiento compartido, fin del capitalismo… el mismo mensaje que nos brindan los nuevos movimientos “revolucionarios”.

Un mensaje magnífico, sin duda…pero proviniendo de alguien que durante más de 10 años trabajó en las mismísimas cloacas del sistema como agente de la CIA sin que ello representara para él un problema moral, resulta algo sospechoso, ¿no?

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INDICIOS EN ESPAÑA

Evidentemente, cuando hemos hablado de posibles líderes manipulados, a mucha gente de España le ha venido a la cabeza, de forma automática, la imagen del hombre de moda en este país: Pablo Iglesias y su partido Podemos, que han irrumpido en el panorama político español como un auténtico vendaval.

Más allá de si uno esta más o menos de acuerdo con la ideología de Podemos, nadie podrá negar que la corrupta clase política española necesita una limpieza profunda y que Podemos y Pablo Iglesias representan una bocanada de aire fresco.

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Todo en Podemos y Pablo Iglesias encaja a la perfección con el fenómeno de crisis global del sistema que estamos viviendo: la imagen, el momento, el mensaje en sintonía con gran parte de la ciudadanía; incluso sus vinculaciones con el movimiento Bolivariano, símbolo de la lucha anti-imperialista a nivel mundial y de la decadencia del Imperio Americano y el capitalismo.

Entonces si todo parece encajar en la lógica de las circunstancias actuales ¿cómo alguien puede sospechar que Podemos sea un “movimiento manipulado”?

Bien, pues los mayores recelos recaen, precisamente, en la aparición tan “oportuna” de Pablo Iglesias y sobretodo en la forma en que se ha producido su irrupción.

Ya expresamos nuestras dudas al respecto antes de que se presentara a las elecciones y obtuviera tan brillantes resultados en el artículo titulado ASÍ FABRICAN A LOS FUTUROS LÍDERES

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Y si no, hagamos memoria de lo acontecido con Pablo Iglesias este último año y medio: porque la verdad es que hemos asistido, en vivo y en directo, a la construcción mediática de un líder.

·Primero se le promocionó como líder de opinión, abriéndole de par en par las puertas de la mayoría de los grandes medios de comunicación de este país, sin cortapisas de ningún tipo.

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·Una vez convertido en figura mediática conocida por todos (gracias en gran parte a su formidable capacidad de oratoria), Iglesias fundó su partido, Podemos, y siguió recibiendo la publicidad necesaria para que pudiera hacer plena y amplia difusión de su proyecto e ideología sin trabas de ningún tipo. Una campaña de propaganda gratuita y sin precedentes en la historia de la democracia española tratándose de un partido recién creado y aparecido “de la nada”.

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·Tras presentarse a las elecciones Europeas y conseguir sus grandes resultados electorales, los medios de comunicación aún han aumentado más la presencia de su partido en tertulias y noticias, hasta el punto de que ya alcanza el nivel de “inundación mediática” y pronto, de seguir así, se convertirá en un tsunami imparable que arrasará en las próximas elecciones.

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Pero queremos que quede claro: esto no es una crítica a Podemos ni a su mensaje.

La promoción gratuita de Podemos por parte de los medios es un hecho constatable, que más allá de las filias y fobias ideológicas de cada uno, debería resultarle sospechoso incluso a sus más fervientes defensores.

Alguna gente podrá pensar que su omnipresencia mediática, incluso en medios de ultraderecha, se debe a su ideología y a la polémica que puede generar su presencia en las tertulias, hecho que supuestamente ayudaría a generar audiencia televisiva.

Bien, es una posibilidad. Pero entonces, si ésta fuera la razón, deberíamos preguntarnos: ¿se hace la misma promoción de otros líderes y movimientos alternativos tan o más polémicos que Podemos y cuya presencia también generaría audiencia?

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Evidentemente, insinuar todo esto no resulta cómodo en estos momentos de gran popularidad de Pablo Iglesias y su partido.

A la gente se la educa para dividir el mundo en “buenos” y “malos”, en los que están “a favor de” o “en contra de” y cuando alguien expresa simples sospechas sobre cómo ha llegado hasta aquí Podemos o Pablo Iglesias, corre el peligro de ser clasificado automáticamente junto a esos perros rabiosos de “la casta” que espuma en boca tratan de morderle en las más variopintas tertulias.

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Así funciona el sistema, instalado en la mente de las personas y es el precio que tenemos que pagar los que tratamos de ir por libre.

Como es evidente, no sabemos si Podemos es un movimiento manipulado o si se trata de un movimiento sincero y espontáneo (ojalá sea la segunda opción)

Lo único que tenemos claro es que en el caso hipotético de que se tratara de un movimiento creado y dirigido, su función sería canalizar el descontento popular y reintegrar las corrientes de protesta dentro del sistema. Algo así como mostrar una zanahoria a la que perseguir, para que a nadie que se sienta desengañado con el sistema en general, se le pase por la cabeza cambiarlo todo hasta sus cimientos.

Y es que lo más sorprendente de lo que estamos viviendo es que alguien se atreva a calificar a Podemos de partido “antisistema”. Podemos, de hecho, intenta salvar el sistema. Es un partido absolutamente pro-sistema formado por personas profundamente pro-sistema.

¿Hay algo más pro-sistema que un grupo de politólogos?

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¿Hay algo más prosistema que alguien como Jorge Verstrynge, un señor que como una pulga que salta de perro en perro, va cambiando de partido político a conveniencia durante décadas, pasando de la derecha más rancia a la izquierda más “revolucionaria” en el momento oportuno?

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¿Hay alguien mas pro-sistema que un fiscal anti-corrupción como Carlos Jiménez Villarejo?

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Quizás estemos muy equivocados con nuestras dudas y conjeturas…pero los indicios de que Podemos ha sido promocionado para canalizar el clamor social y salvar el sistema son tan claros que duelen a los ojos…

No obstante, Pablo Iglesias y su partido solo son una anécdota a nivel nacional español.

El indicio más claro de que estamos viviendo una estrategia global de reconducción del clamor popular, lo encontramos en alguien que va vestido de blanco y que forma parte de la institución más corrompida y pro-sistema de la historia…

PAPA FRANCISCO

EL GIRO DE LA IGLESIA CATÓLICA

Sin lugar a dudas, el Papa Francisco es el termómetro de la situación, el gran indicador de los movimientos que se están produciendo a nivel mundial.

Un símbolo para muchos…el rey de los sospechosos para nosotros.

Que nadie se engañe: la aparición de un pontífice “progresista” como Bergoglio en un momento como éste no tiene nada de casual.

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Estamos ante una maniobra astuta y largamente calculada.

Tengamos en cuenta que la Iglesia Católica es extremadamente poderosa. Lleva casi 2 milenios entre nosotros y por lo tanto, se hace difícil concebir hasta qué nivel una institución con tanta influencia y antigüedad puede estar infiltrada en todos los niveles del poder disponiendo de información de primera mano.

Es ingenuo pensar que la Iglesia Católica está a la espera de los acontecimientos y se dedica a actuar en respuesta a las necesidades circunstanciales de cada momento.

Como dijimos en la primera parte de este artículo, la información secreta y exclusiva es poder en estado puro y se manifiesta sistemáticamente en forma de acción e iniciativa.

Así pues, lo lógico es esperar que la Iglesia siempre vaya un paso por delante, pues dispone de información que el resto de nosotros ni tan solo imagina.

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Por lo tanto, la aparición del Papa Francisco no forma parte de una “moda del momento” sino que tiene una función y unos objetivos concretos, que concuerdan, no solo con el momento presente, sino con el desarrollo de los acontecimientos en un futuro próximo.

Acontecimientos que la Iglesia Católica sabe perfectamente cómo van a desarrollarse y adónde van a conducir.

La gente parece olvidar lo excepcionalmente extraña que resultó la proclamación del Papa Francisco.

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La renuncia sorprendente de un papa tradicionalista como Benedicto XVI, justo en los peores momentos de la crisis económica y su sustitución por un papa “defensor de los pobres y la justicia social”. Algo que “casualmente” se produjo en coincidencia temporal con el fallecimiento del gran símbolo revolucionario del siglo XXI: Hugo Chávez.

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Parece como si alguien pretendiera sustituir un “símbolo revolucionario” por otro en el imaginario popular…

Recordemos que Hugo Chávez falleció oficialmente el 5 de marzo de 2013, pero hay muchas sospechas de que llevaba varias semanas muerto, hecho que supuestamente fue ocultado a la opinión pública. El papa Benedicto XVI renunció al papado el 28 de febrero y Jorge Bergoglio fue proclamado papa el 13 de marzo, 8 días después de la muerte de Hugo Chávez. Puede ser coincidencia…pero es demasiada coincidencia

Desde entonces, y en poco menos de año y medio, el papa se ha erigido en un símbolo de cambio y renovación.

En estos momentos, mucha gente está cegada por el Papa Francisco, incluyendo a muchas personas de ideología izquierdista tradicionalmente recelosas con el clero y que sin embargo, sienten simpatía y atracción por su figura.

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Pero el Papa Francisco solo es la cara visible de un movimiento mayor: la Iglesia entera está realizando un giro en los últimos meses.

De repente, ha irrumpido en los medios de comunicación con gran fuerza el clero defensor de las causas justas y de los pobres.

Monjas revolucionarias (que se autocalifican de casi anarquistas), que luchan contra los abusos de la corporaciones farmacéuticas y los poderes financieros.

Teresa Forcades

Monjas “tuiteras” defensoras de los necesitados, que aparecen en las mismas tertulias que, día tras día y sin excepción, dan espacio gratuito a Podemos para que lleve a cabo su propaganda gratuita.

Sor Lucia Caram

Curas rebeldes que se parten la cara por los pobres…

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Personajes auténticos y por los cuales podemos sentir una gran atracción y simpatía, pero que de forma muy oportuna, hacen acto de presencia en el momento justo e idóneo para convertirse en referentes sociales, en contraste con el clero más rancio y caduco de la Conferencia Episcopal.

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Y tras ellos, enorme, como un coloso que crece día a día, la figura brillante del nuevo Papa Francisco…el “papa de los pobres y la renovación de la Iglesia”.

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Por lo visto, la Iglesia es como la banca de un casino…siempre gana.

Con un pie en el conservadurismo más extremo y el otro en la “revolución ética” que pronto lo barrerá todo. Cubriendo todo el espectro ideológico y formando parte de las estructuras que van a ser derruidas, a la vez que abandera las fuerzas que dirigirán la demolición.

Astutos, como siempre.

¿Alguien duda aún de que estamos a punto de vivir una especie de revolución controlada y cuidadosamente planificada que barrerá parte de las viejas estructuras? Si alguien aún duda de ello, solo tiene que fijarse en las maniobras de la Iglesia Católica y en los sucesivos gestos del Papa Francisco.

Ellos son la prueba más fehaciente de ello.

La Iglesia, como decíamos, es la institución más pro-sistema que ha existido jamás. Nunca emprende cambios ni transformaciones a no ser que sea estrictamente necesario. Actúa como una áncora que impide el avance mental de la humanidad. Su negocio siempre ha sido el inmovilismo absoluto.

Por lo tanto, cuando inicia un movimiento como el giro progresista que está realizando en estos momentos, es por alguna razón estratégica muy poderosa.

Está tomando posiciones ante algo que va a acontecer, con el fin de sacar provecho de ello.

Y ha colocado a su pieza más importante, el Papa Francisco, en la posición adecuada para realizar una gran jugada.

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Es el pastor encargado de calmar y reconducir a las ovejas alteradas y desorientadas en los momentos de zozobra que, por lo visto, están por venir. El que, con su expresión tranquila y su cálida y acogedora sonrisa nos anestesiará a todos. La cara visible del cambio profundo que nunca llegará a producirse. El emblema de la rebelión abortada.

Con todo lo dicho, no estamos equiparando al Papa Francisco con un líder político. Él no tomará decisiones ni liderará grandes cambios a nivel mundial. Solo se erigirá en símbolo de la “revolución ética” y del reclamo de “justicia y reparto más equitativo de las riquezas”.

Las migajas que nos darán para evitar la auténtica revolución mental que podría cambiar el mundo.

Por lo visto, lo tienen todo atado y bien atado…

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¿HAY ESPERANZA?

Pero que nadie interprete que no se puede hacer nada contra ello.

De hecho, estamos viviendo los momentos de mayor esperanza que hemos tenido hasta ahora y que probablemente tendremos en el futuro.

El sistema, en estos momentos, está cambiando de piel y por lo tanto, vive su momento de mayor debilidad.

Es como un caballero que cambia de armadura. Durante unos instantes estará inevitablemente desnudo y será extremadamente vulnerable.

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Por esa razón se crean y promocionan líderes que canalicen el descontento. Su función principal es impedir que el pueblo aproveche la oportunidad única que le ofrece este punto de inflexión.

¿Como podemos aprovechar la oportunidad?

A nivel social, paradójicamente, debemos aprovechar la energía de los propios movimientos promovidos para engañarnos y conducirnos como un rebaño.

Muchos líderes y movimientos han sido creados para canalizar la energía de las protestas y las demandas de la población y utilizarla para demoler las viejas estructuras de forma controlada.

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Bien, pues aprovechemos nosotros también la situación.

Valgámonos de esta energía social transformadora aglutinada por estos líderes y dejémoslos atrás cuando llegue el momento idóneo.

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Pueden ser utilizados como las diferentes fases de un cohete, que nos eleva hasta la estratosfera. Cuando su combustible se agote, no nos quedemos donde ellos nos han conducido: sigamos adelante y alcancemos la luna.

Cuando los líderes de estos movimientos manipulados nos digan: “hasta aquí llegan las transformaciones que debíamos realizar”, sigamos adelante.

Como un rebaño que de repente abandona a su pastor, continuemos transformándolo todo, mucho más allá de lo que ellos tenían planeado en un principio.

Por primera vez podemos ser nosotros los que nos aprovechemos del pastor y no al revés.

Podemos conseguir que les salga el tiro por la culata.

Es nuestra gran oportunidad para cambiar el mundo…nuestra gran esperanza…

Articulo publicado el 9 de julio 2014

Merci a : La GazzettadelApocalipsis